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Races dangereuses : Un peu d’objectivité !
Un peu d’objectivité
- Nos rapports avec les animaux : Une troisième voie.
- Renforcer la discrimination est une faute scientifique.
- Un nouveau contrat entre les chiens et nous.
1. Nos rapports avec les animaux : une troisième voie.
Il n'y a souvent que deux façons de parler des animaux : d'un côté les passionnés de la cause animale, dont les comportements excessifs sont parfois contre-productifs, de l'autre les politiques, qui pensent en tonnes de crottes sur les trottoirs et en catégories de chiens dangereux. Il est nécessaire et urgent d'ouvrir une troisième voie.
Après la surexposition médiatique liée aux accidents mortels de la fin de l'été 2007, l'Assemblée nationale a adopté, le 15 mai dernier, le texte définitif de la loi "renforçant les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux" devant douze députés. Cette nouvelle loi a été promulguée le 20 juin 2008, et s'applique dès maintenant. Dans le même espace de temps, se sont tenues les Rencontres animal et société, dont le but affiché était une réflexion sur la place que notre société souhaite accorder à l'animal. Le rapport en a été restitué le 8 juillet, et devrait être remis sous peu au président de la République. Légiférer avant de réfléchir, est-ce bien raisonnable ?
Ces Rencontres n'avaient pas comme seul sujet les chiens dangereux, loin de là, mais dans le contexte actuel, l'importance accordée à ce sujet aurait pu être symbolique. Nous avons en France plus de 8 millions de chiens, qui ont causé en dix-neuf ans 30 morts ? Cette prévalence est trop faible pour pouvoir être diminuée par la loi. En revanche, le nombre de morsures par an, mal connu et sujet à controverses est, en tous les cas, suffisant pour donner envie d'agir. La loi récente de mars 2007 et la nouvelle loi de juin 2008 peuvent-elles être efficaces pour diminuer le danger ?
Depuis 1999, nous avons en France une loi, instituée par un gouvernement de gauche, renforcée par un gouvernement de droite, qui définit les chiens dangereux suivant un modèle génétique appliqué de façon paradoxale. Nous combattons ce modèle : il n'a ni fondement scientifique ni cohérence logique. Faite pour dissuader ceux qui utilisaient ces chiens comme des armes, la loi s'est trompée de cible en instituant des catégories reliant race et dangerosité. Tous les interlocuteurs le reconnaissent, et pourtant de nouvelles mesures aggravant le dispositif ont été votées (le permis de détention !) ajoutant de l'inutile et du compliqué à l'absurde déjà existant.
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