Category Archives: Pages vétérinaires

Règlements communaux

Des chiens dans le vide juridique

De plus en plus d’entités interdisent les races réputées dangereuses

LES COMMUNES ont le droit d’adopter des règlements. Mais ces textes restent juridiquement vulnérables

Le Conseil d’Etat a récemment rejeté la demande de suspension qu’un couple de Jodoigne, propriétaire de deux American Staffordshire Terriers, avait introduit, en décembre dernier, contre une modification du règlement général de police aux termes de laquelle le collège communal de Jodoigne– comme ceux des quatre autres entités qui font partie de la même zone de police – interdisait désormais la détention et l’élevage de chiens réputés dangereux.
Ce n’est pas la première fois que le Conseil d’Etat est ainsi saisi d’un recours contre des ordonnances de police prises par des communes qui, suite à des événements regrettables ou dramatiques, tentent de réglementer une matière sur laquelle le pouvoir fédéral – c’est une compétence du ministère de la Santé – tarde à légiférer. Et le verbe « tarder » relève de l’euphémisme : aucune loi n’a été publiée depuis…1998, quand le Conseil d’Etat annula pour vice de procédure l’arrêté ministériel du 21 octobre 1998 qui contraignait les propriétaires d’une douzaine de races de chiens à les faire identifier et enregistrer. Face à ce vide juridique, plusieurs dizaines de communes ont adopté des règlements, sur la base de leur pouvoir de police administrative générale qui les autorise à prendre des mesures propres à assurer le maintien de l’ordre public, voire de lutter contre « la divagation des animaux malfaisants ou féroces » (article 135, § 2, 6º de la Nouvelle Loi communale). Ce droit leur a, du reste, été reconnu par le même Conseil d’Etat qui, saisi par un recours introduit en 2000 par le gouverneur de Liège contre un règlement « chiens dangereux » adopté par l’entité de Bullange, a estimé que les communes peuvent adopter de telles ordonnances dans la mesure où il n’existe aucune disposition législative ou réglementaire dans ce domaine.

 

 

Reste que ce droit doit lui-même s’exercer dans le respect de deux principes, comme l’a rappelé la juriste Sylvie Smoos dans une note publiée par l’Union des Villes et Communes de Wallonie : le principe de proportionnalité – une mesure est-elle proportionnée par rapport au but recherché ? – et le principe de l’égalité devant la loi.

 

Or, c’est souvent à ce niveau que les règlements communaux sont vulnérables. La plupart des communes qui ont adopté des ordonnances ont dressé une liste de quatorze races de chiens réputées dangereuses – il s’agit ni plus ni moins de la liste qui avait été intégrée à l’arrêté ministériel annulé en 1998.
Les cinq communes de la zone de police de Jodoigne font, elles aussi, référence à cette liste controversée, sans qu’on sache trop s’il y a lieu de considérer une race comme plus dangereuse qu’une autre. Une faille souvent exploitée par ceux qui contestent ces règlements.
C’est encore le cas des requérants jodoignois qui tentent également d’obtenir du Conseil d’Etat l’annulation du règlement – à ce stade, seule leur demande de suspension a été rejetée :« Le problème posé ici, écrivent-ils, concerne ces distinctions entre chiens dits “dangereux” et les autres.

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Un chien dangereux, c’est quoi ?
La définition est tantôt discriminatoire, tantôt trop floue ou trop large
« Il suffit de consulter des spécialistes, ou même de simple passionnés, pour s’entendre dire que la dangerosité d’un chien n’est pas fonction de sa race. Dès lors, cette catégorisation est arbitraire et non fondée. »Cette question-là, très controversée, n’est pas tranchée par le Conseil d’Etat. Et elle est délicate : « Savoir si la distinction selon la race respecte ou non le principe d’égalité revient à savoir s’il est raisonnable de considérer une race comme plus dangereuse qu’une autre, estime Sylvie Smoos. C’est tout un problème.Dès lors, il nous semble important de trouver d’autres solutions. On pourrait ainsi imaginer l’interdiction sur le territoire communal de tous les chiens potentiellement dangereux et de définir ce qu’on entend par là.Dans ce cas, la difficulté réside dans la définition. Trop large, elle pourrait englober tous les chiens, ce qui serait contraire au principe de proportionnalité. Dans une définition trop étriquée, un chien ne deviendrait dangereux qu’après avoir agressé un humain : le règlement n’aurait dès lors aucune portée préventive…»

La question reste ouverte. STÉPHANE DETAILLE Journal le Soir du 12 août 2008

Proxémie et comm. posturale

Proxémie et communication posturale

3 concepts de distance

 

  1. la distance de fuite, distance critique ou distance d’attaque
  2. la distance personnelle ou distance sociale
  3. la distance intime, distance personnelle

 

  • la communication s’établit, à distance, très rapidement
  • les conflits sont rares, les évitements sont beaucoup plus fréquents
  • les messages sont répétés plusieurs fois et sont redondants
  • en cas de discordance du message ==> l’interlocuteur est mal à l’aise
  • on entend par messages sociaux initiaux : position spatiale + trajectoire + cinétique de déplacement
    + postures + sons + messages chimiques
  • le chien accorderait plus d’importance à la position du corps qu’à l’orientation du regard.
    Par ex. – regarder un chien en lui faisant face, l’impressionne plus que de le regarder
    du coin de l’œil, le corps dirigé dans un autre sens
  • axe du corps = vecteur perpendiculaire aux épaules = axe du dos du chien
  • quand un chien s’assoit alors qu’il est dans un groupe de chiens qui se confronte
    ==> c’est qu’il se met hors jeu

 

 


 

Chien + maître en salle d’attente

 

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Chien + maître + véto en consultation

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Quand on donne un ordre à un chien, il faut lui faire face et se tourner vers lui,
et se placer épaule contre épaule avec le propriétaire et enfin donner l’ordre « assis »
Une fois l’ordre donné, le véto s’éloigne et le propriétaire félicite son chien sans être face à lui.

Idem quand on gronde un enfant, le chien se place à côté de la personne qui gronde
(le chien s’associe toujours au plus fort) ==> on ne peut pas accepter la présence
du chien aux côtés de l’adulte.
Conseil : se placer en coalition avec l’enfant, demander au chien de partir,
puis seulement gronder l’enfant.

Réaction de peur : quand on se penche sur un chien, on le tient par le collier, on s’approche de lui
et on tente de le rassurer à en fait, le chien à de + en + peur, il ne peut pas fuir, il se sent coincé
et il se prépare à l’attaque (position basse, oreilles baissées, attitude en retrait, mydriase,
fixité du regard à agression par peur).

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Accueil à la porte

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Faire sortir le chien

 

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Le canapé

 

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Les aboiements

 

Ils sont instinctifs, on ne peut pas les supprimer !

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Dr Nicolas MASSAL
Vétérinaire comportementaliste, D.E.N.F .

Anti-dépresseurs et A.I.N.S.

photo-2Les anti- dépresseurs neutralisés par les A.I.N.S.

SOUMOIS,FREDERIC [ Mercredi 4 mai 2011 ]

Neurologie

Des anti-inflammatoires courants tels que l’aspirine ou l’Ibuprofène réduisent l’efficacité des antidépresseurs les plus souvent prescrits comme le Prozac, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis.

On ne comprenait jusqu’à présent pas pourquoi autant de personnes traitées avec des antidépresseurs à base de fluoxétine, un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, ne réagissaient pas aux traitements. Mais les auteurs de ces travaux parus dans la revue Pnas montrent que des souris traitées avec des antidépresseurs et des anti-inflammatoires étaient nettement moins sensibles aux traitements contre la dépression et l’anxiété que celles à qui on avait uniquement prescrit des antidépresseurs.

Les réponses comportementales aux antidépresseurs « ont été inhibées par la combinaison de ces traitements à des anti-inflammatoires » et ces effets ont été confirmés dans des populations humaines, écrivent Paul Greengard et Jennifer Warner-Schmidt, de la Rockefeller University de New York.

La différence dans l’efficacité des antidépresseurs est « plutôt spectaculaire », puisque le taux de réussite des traitements chute de 54 % à 40 % si on utilise les anti-inflammatoires. « Le mécanisme responsable de ces effets n’est pas clair », notent les auteurs qui soulignent « les taux très élevés de résistance à ces antidépresseurs chez les déprimés ». Il suffirait théoriquement de suspendre l’usage des anti-inflammatoires pour hausser le taux de réussite des antidépresseurs qui augmentent la concentration de sérotonine dans les neurones. Cet acide aminé joue un rôle clé dans la régulation de l’humeur.

Les AINS réduiraient l’efficacité de certains antidépresseurs

4 mai 2011 – La prise régulière d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), dont entre autres l’ Aspirine®, réduirait l’efficacité de certains antidépresseurs, selon une étude américaine menée auprès de 4.000 personnes souffrant de dépression.

Les chercheurs ont d’abord étudié, chez la souris, la combinaison d’AINS et d’antidépresseurs de la classe des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, comme le Prozac® ou le Seroplex®). Ils ont constaté que les AINS inhibaient l’effet de ces antidépresseurs. Ils ont ensuite vérifié cette observation chez l’homme en examinant les données d’un essai clinique mené auprès de patients dépressifs.

Selon leurs résultats, la prise d’anti-inflammatoires diminuerait d’environ 25 % l’efficacité des ISRS. En effet, 54 % des personnes dépressives ne prenant pas d’anti-inflammatoires voyaient leurs symptômes s’atténuer grâce au traitement antidépresseur, contre seulement 40 % de celles qui prenaient conjointement des anti-inflammatoires (pris au moins au cours des 12 dernières semaines).

Les mécanismes expliquant cette interaction ne sont pas clairs, mais on sait que les antidépresseurs agissent en augmentant indirectement dans le cerveau la quantité d’une protéine appelée p11. À l’inverse, les anti-inflammatoires semblent bloquer l’action de la p11.

Bien que ces résultats méritent d’être confirmés par des études contrôlées, ils pourraient expliquer pourquoi les antidépresseurs sont inefficaces chez certaines sujets, en particulier chez les sujets âgés, souvent traités de façon concomitante contre l’arthrite par des anti-inflammatoires

Le chien Fugueur

Les fugues (des chiens)

Si le thème des fugues est l’objet de nombreux articles et conférences, il nous a semblé manquer d’une démarche pratique de questionnement en consultation, qu’il s’agisse de démarrer une consultation de comportement dont les fugues seraient le motif, ou d’amorcer un questionnement en consultation généraliste (pour éventuellement amener en consultation de comportement…).


Nous sommes partis de 2 documents,
un article de Valérie Dramard,
une extrapolation effectuée par Dominique Ranson,
qu’elles soient remerciées de leur travail, qui préparera le nôtre.


 

Nos objectifs :

  • Identifier les motivations à partir
  • Déterminer le traitement à partir de ce motif
  • Intégrer la fugue dans un tableau de symptômes
  • Voir dans quels diagnostics nosographiques la fugue peut figurer

La fugue peut être la motivation de la consultation, ou figurer simplement dans les symptômes sans représenter un problème aux yeux des propriétaires.

Dans tous les cas, l’exploration sémiologique complète semble nécessaire pour dresser le tableau émotionnel du chien. Cependant les premières questions vont s’intéresser spécifiquement à la fugue : séquence, fréquence, contexte, solution déjà adoptées.

Définition :

Il y a fugue lorsque le chien échappe au contrôle du maître ou quitte l’espace qui lui est attribué. Les limites sont définies par le maître.
Il y a donc divagation, ce qui différencie clairement la fugue du « manque de rappel ».
Les notions de temps, de durée, de distance sont importantes.

Questions :

1. Qu’appelez-vous une « fugue » ?
2. En quoi est-ce gênant ?
3. Quelles solutions ont déjà été essayées ?
4. Contexte concret des fugues : de son départ à son retour
5. Selon le propriétaire, le chien identifie-t-il les limites qui lui sont attribuées ?
6. Y a-t-il d’autres comportements gênants ?
7. Reprendre les éléments de contexte de toutes les questions précédentes pour organiser le questionnement et compléter le tableau sémiologique.

0012541. Qu’appelez-vous une « fugue » ?

La définition des propriétaires n’est pas forcément la nôtre. Il vaut mieux clarifier ce point dès le début de l’entretien.

2. En quoi est-ce gênant ?

Cela va aider à déterminer les attentes des clients. La pression extérieure de voisins excédés est différente de la peur d’un accident pour le chien ou provoqué par le chien…
Anecdote : Dominique a eu un chien amené par son maître et par les gendarmes car le chien était suspect d’avoir tué des canards. La propriétaire affirmait avec véhémence que son chien «n’avait pas pu faire ça » jusqu’au moment où après injection d’apomorphine le chien a rejeté un mélange d’os et de plumes…

3. Quelles solutions ont déjà été essayées ?

Point essentiel avant d’envisager de faire des propositions, et éclairage de la motivation et de la détermination du chien.

4. Contexte concret des fugues : de son départ à son retour

Temps : à quel moment ont-elles lieu, régulier, occasionnel…

  • Lieu : d’où part le chien, où va-t-il ?
  • Interactions : propriétaires présents ou pas, tentatives pour le retenir, pour le rechercher, attitudes au retour…
  • Etat réactionnel du chien : intensité des réponses aux stimulations extérieures, état physiologique (sexuel notamment)…
  • Activité lors de la fugue, si elle est connue.

Remarque : un même chien fugue-t-il toujours pour la même raison ?

5. Selon le propriétaire, le chien identifie-t-il les limites qui lui sont attribuées ?

Le chien enfreint-il un interdit connu ou se contente-t-il d’exploiter un territoire dont il a fixé lui-même les limites ?
De nombreux cas de respect de limites symboliques : le chien qui respecte un portail alors qu’il n’y a pas de clôture autour, respect du portail même s’il est ouvert.

Il semble que le chien « comprend » le territoire du maître, que bien souvent il s’attribue le même mais que ce n’est pas automatique…

A ce stade nous ne sommes pas avancés quant au profil émotionnel du chien ! Les questions spécifiques de la fugue ne permettent pas de dresser un portrait du chien…

6. Y a-t-il d’autres comportements gênants ?

Amène naturellement vers des questions sans relation avec le motif principal. Suggère que la fugue peut s’intégrer dans un tableau plus complexe.

7. Reprendre les éléments de contexte de toutes les questions précédentes pour organiser le questionnement et compléter le tableau sémiologique.

Plusieurs remarques :

  • Peut-on parler de fugue si le chien échappe simplement au contrôle du maître durant une promenade ?
  • L’aire de déplacement sous le contrôle du maître est fixe lorsqu’il s’agit du domicile, elle est mobile et fluide, selon l’ascendant du maître sur le chien, durant les promenades. Quelle est la convention de distance ? Quelle est la distance de rappel définie par le maître ? Est-elle clairement identifiée (et respectée) par le chien ?
  • Les fugues en groupes son fréquentes : émulation, apprentissage par imitation…
  • Quid des chats ? On ne parle pas de fugue. Les limitations territoriales humaines n’ont pas de sens pour le chat.
  • Prédisposition raciale : les chiens nordiques sont-ils moins aptes que les autres à se limiter aux zones définies par leurs maîtres ?
  • La responsabilité civile des maîtres est pleinement engagée en cas de divagation, en plus d’une amende éventuelle. Il faut parfois le leur souligner…

Quels sont les processus impliqués dans les fugues ?

  • Les phobies > fuite de peur
  • L’hyperactivité > le chien suit ses intérêts successifs
  • L’attachement > ne pas se sentir attaché au groupe, ou au contraire tenter de suivre le maître, de le retrouver
  • La reproduction (processus physiologique celui-là)
  • Les troubles hiérarchiques > choix des limites territoriales

Hypothèses nosographiques :

Avec retour spontané :

Sociopathie
Défaut d’attachement au groupe

Sans retour spontané :

HSHA
Prédation
Phobie > peur
Troubles du vieillissement

Eléments thérapeutiques spécifiques :

Toute une liste de suggestions, à évaluer en fonction du contexte et du chien

  • Obéissance de base, qui contribue à créer des liens d’attachement
  • RSD pour diminuer l’autonomie du chien
  • Enclos (temporaire)
  • Disruption au moment de la sortie (mais il faut être présent)
  • Collier électrique ( ?) – signal sonore
  • Clôture électrique (modèle à vache)
  • Clôture électrique (enterrée)
  • Féliciter si « pris » au retour
  • Soumettre à la tentation, en ayant placé une longe, ou un collier disruptif
  • Faire le tour des limites en laisse, afin de les matérialiser
  • Franchissement de ces limites exclusivement en laisse, avec un « assis » avant
  • Créer des activités, des interactions entre le chien et les maîtres (donc créer des attentes et fournir des occupations)
  • Le boucler régulièrement, pour habituer à des espaces contrôlés
  • Travailler le rappel
  • Psychotrope selon le diagnostic fonctionnel, en général antiproductif.

Toutes ces réflexions vont faciliter la prise en charge structurée des questions sur les fugues dans les contextes variés du comptoir, de la consultation et de la consultation spécialisée…